Acné dite « rosacée »

Causes, étapes de son évolution et méthodes de traitement

Rosacée

La rosacée est une dermatose touchant généralement 2 à 3 % des adultes. Elle se caractérise par un érythème réversible pouvant donner une érythrose du visage et des dilatations visibles et permanentes des petits vaisseaux de la peau (télangiectasies ou couperose).

Ces lésions sont la plupart du temps associées à des papules, voire à des pustules — des lésions érythémateuses contenant un liquide purulent — qui apparaissent dans un second temps au cours de l’évolution de la rosacée.

C’est une affection chronique de la peau qui se manifeste à divers endroits du visage tels que le nez, les joues, le menton et le front — le pourtour de la bouche restant indemne.

couperose (télangectasies)

La couperose est caractéristique de la rosacée ©rob3000/123RF

Bien que cela soit très rare, il peut arriver qu’elle se manifeste également sur les paupières et sur les yeux.

Ses sujets sont généralement des personnes d’âge moyen ayant des peaux claires et rougissant facilement. Elle apparaît souvent vers l’âge de 30 ans, mais elle peut apparaître plus tôt, à partir de 20 ans.

Elle est plus sévère chez les hommes, mais plus fréquente chez les femmes. Les hommes ont plus tendance à développer le rhinophyma, un stade très avancé de la rosacée se caractérisant par un nez rouge, bosselé et enflé.

Lorsqu’elle n’est pas traitée, la rosacée s’aggrave avec le temps. Ses symptômes évoluent généralement de façon cyclique, avec une alternance de périodes d’aggravation et de périodes de rémission.

Causes de la rosacée

À ce jour, les causes exactes de la rosacée ne sont pas encore déterminées.

Les diverses théories existantes sont basées sur le fait que cette dermatose associe une composante vasculaire à une inflammation. On parle d’un dérèglement du système immunitaire au niveau de la peau ; ce qui crée une réaction anormale de cette dernière au soleil.

point d'interrogation

Les origines de la rosacée sont un peu une énigme

Aussi, les sensations de chaleur et les rougeurs sont dues à une dilatation excessive des vaisseaux sanguins du visage, traduisant une hyperactivité desdits vaisseaux.

Des hypothèses attribuent également la rosacée à une activité parasitaire qui impliquerait les acariens du type Demodex folliculorum au niveau de la peau et d’autres bactéries telles que Helicobacter pylori affectant l’estomac. Cependant, ces hypothèses sur les micro-organismes n’ont jamais été prouvées.

D’autres croyances populaires font état que la rosacée serait causée par l’alcool. Bien que cela ne soit pas vrai, une prise d’alcool (même modérée) peut aggraver la rosacée.

En effet, tout facteur pouvant créer des bouffées vasomotrices peut aggraver une acné rosacée. À l’instar de l’alcool, on peut citer d’autres facteurs comme : le stress, l’exercice physique, les boissons chaudes, la consommation d’épices, les températures élevées ou basses…

Précisons également que l’application continue de crèmes à base de corticoïdes sur le visage peut entrainer des lésions cutanées semblables aux lésions d’une rosacée. Dans de tels cas, si la crème a été prescrite pour un traitement, il faut l’arrêter.

Étapes de l’évolution d’une rosacée

L’évolution de la rosacée n’est pas la même chez tous les individus. On distingue quatre sous-types de rosacées.

Bien que l’on considère ces sous-types comme des étapes d’évolution de la dermatose, de nombreuses personnes ne voient jamais la rosacée évoluer jusqu’au dernier stade.

La plupart des sujets atteints d’une rosacée présentent plutôt une combinaison des sous-types. Ainsi, il est très compliqué de prévoir une évolution spécifique de la maladie.

Les sous-types de rosacées sont les suivants :

Rosacée érythémato-télangiectasique

Cette forme vasculaire est généralement le symptôme primitif de la rosacée. Elle se manifeste par des bouffées vasomotrices ou des flushs qui disparaissent après quelques minutes (de tels flushs peuvent survenir sur une peau déjà concernée par la couperose).

Ces bouffées apparaissent après des changements brutaux de température, une consommation de boissons chaudes ou d’aliments épicés, une exposition au soleil, etc.

Rosacée papulo-pustuleuse

Ici, en plus de la couperose, il apparaît, par poussées et pendant plusieurs semaines, de petits boutons rouges et solides (papules) ou purulents (pustules).

Le plus souvent, ce sous-type s’accompagne de bouffées de chaleur, mais il est également possible qu’un œdème du visage se produise. Ce dernier cas est, toutefois, très rare.

Rosacée phymateuse

95 % des cas de ce sous-type sont observés chez des hommes. Cette forme hypertrophique affecte plutôt le nez.

Ici, les pores se dilatent, la peau du nez s’épaissit en formant des nodules. Le nez est donc déformé. On parle de rhinophyma.

Rosacée oculaire

Plus de la moitié des personnes atteintes de rosacée connaissent ce sous-type. Ici, on note des blépharites (inflammations des paupières), des conjonctivites (rougeurs des conjonctives), une sécheresse oculaire (xérophtalmie) et même une kératite (affection de la cornée).

Dans ce cas, les yeux s’irritent et donnent la sensation d’avoir un corps étranger dans l’œil.

Voilà une infographie résumant les différents sous-types de rosacée :

définition et phases de la rosacée

Sous-types, caractéristiques et statistiques de la rosacée ©moremar/123RF

Personnes à risque de rosacée

Comme indiqué au début de cet article, les femmes sont beaucoup plus touchées par cette dermatose que les hommes. Le nombre de femmes souffrant de rosacée fait pratiquement le double du nombre d’hommes.

Les sujets atteints de rosacée sont souvent des personnes au teint clair ou pâle. La maladie est fréquente chez les descendants irlandais, écossais et dans les pays scandinaves. Par voie de conséquence, en France, cela est très décrit chez les Bretons.

Par ailleurs, précisons qu’il existe des familles où l’on note des personnes atteintes de rosacée au travers des générations. Bien que le lien génétique n’ait jamais été prouvé, on considère que des facteurs héréditaires pourraient augmenter le risque d’être atteint par une rosacée.

femme et rosacée

Les femmes sont plus atteintes de rosacée que les hommes ©artemidapsy/123RF

Traitement de la rosacée

Des traitements topiques et généraux existent contre les différents types de rosacées.

On se sert d’antibiotiques et d’antifongiques pour éliminer les pointes de pus et les boutons rouges.

Pour les déformations du nez, il est courant de faire un traitement au laser de remodelage (CO2, erbium) et, pour les rougeurs, aux lasers vasculaires.

Il faut faire suivre le traitement d’attaque par un traitement d’entretien et éviter les facteurs d’aggravation de la dermatose.

Plus d’informations sur les traitements au laser sont disponibles depuis notre page sur les traitements de l’acné.

Traitement des boutons

Comme nous venons de l’annoncer, il existe des traitements topiques et des traitements par voie générale.

Traitements topiques

Dans le cas d’une rosacée modérée, le métronidazole à 0,75 % peut être efficace. On peut le trouver sous forme de gel, de crème ou d’émulsion (Rozex®, Rozacrème®…).

gel traitement topique rosacee

Les crèmes et gels font partie des solutions de traitement local de la rosacée ©studiostoks/123RF

Dans le cas d’une rosacée plus sévère, il est possible de combiner le métronidazole avec des antibiotiques oraux. Le traitement peut être continu ou intermittent.

L’érythromycine locale, le peroxyde de benzoyle, la clindamycine topique (Dalacine T Topic®) et l’acide azélaïque 15 % en gel (Finacea®) sont aussi très efficaces contre les boutons rouges.

Cependant, il faut noter que seul l’acide azélaïque est recommandé (en plus du métronidazole) par le collège de dermatologie français.

Il faut éviter les crèmes locales à base de corticoïdes : bien que celles-ci réduisent la couperose et l’inflammation de façon rapide, elles aggravent la rosacée et provoquent une interdépendance.

Traitements par voie générale

Ici, il est possible de distinguer les antibiotiques de la famille des tétracyclines. Il en existe plusieurs molécules : la lymécycline (300 mg/j) et la doxycycline (100 mg/j).

En France, seule la doxycycline a reçu une autorisation de mise sur le marché. Ces médicaments vont réduire les papules, les pustules et aussi les symptômes oculaires de la rosacée. Ce ne sont donc pas des traitements destinés à guérir la maladie, mais plutôt à la suspendre.

Dans le cas où les antibiotiques se révèleraient mal tolérés ou inefficaces, il est possible de recourir à l’isotrétinoïne. C’est un dérivé de la vitamine A qui a une action anti-inflammatoire.

En France, on peut l’avoir en quatre génériques : Isotrétinoïne TEVA, Procuta® Gé, Curacné® Gé et Contracné® Gé.

Pour les femmes en âge de procréer, l’isotrétinoïne doit obligatoirement être associée à un produit contraceptif oral pour éviter les grossesses. Elle est formellement contre-indiquée aux femmes enceintes, car elle accroît les risques de malformations congénitales.

Au vu de toutes ces indications, la prescription de l’isotrétinoïne doit être faite sous étroite surveillance médicale, par un dermatologue uniquement.

Le pharmacien ne peut pas délivrer ce médicament si la prescription émane d’un médecin autre qu’un dermatologue. Par ailleurs, la surveillance médicale implique de faire régulièrement — tous les mois — des tests de grossesse pour vérifier que la patiente n’est pas tombée enceinte entre-temps.

Traitements des rougeurs et des taches vasculaires

Pour éliminer efficacement les taches vasculaires et les télangiectasies (il existe d’autres rougeurs transitoires ne nécessitant pas de traitement laser pour disparaître), il est possible d’opter pour un traitement aux LIP (lampes intenses et pulsées) ou au laser.

On distingue les lasers à colorant pulsé et les lasers KTP.

La durée de traitement varie en fonction de l’appareil utilisé et du réglage choisit par le praticien.

Il faut généralement 2 à 6 séances de laser pour éliminer 60 à 80 % des rougeurs.

Le traitement au laser peut être un peu douloureux, mais la douleur est généralement supportable. De plus, pour que les résultats soient visibles, il faut attendre généralement deux mois après la série de séances de traitement.

La chirurgie au laser CO2 est le traitement le plus adéquat contre le rhinophyma.

Traitement de la rosacée oculaire

Avant tout, il faut obtenir une consultation ophtalmologique pour déterminer la présence de kératite. Les antibiotiques cités plus haut peuvent alors être recommandés.

Comme indiqué dans le paragraphe sur la rosacée oculaire, il peut y avoir conjonctivite ou blépharite.

Dans ces cas, les soins oculaires sont nécessaires. Les bains ophtalmiques et les humectants oculaires tels que Celluvisc® sont des plus utiles.

Le traitement est alors symptomatique et consiste notamment en l’application de larmes artificielles pour lutter contre la xérophtalmie (sécheresse oculaire).

Soins cosmétiques complémentaires

Ici, il est possible de distinguer, entre autres, les crèmes anti-rougeurs Eucerin, Créaline AR ou encore Rosaliac.

Ces cosmétiques peuvent être utilisés pour hydrater la peau, augmenter le confort et le suivi des traitements. Leur tolérance sur le corps permet d’améliorer les sensations de brûlure.

Ils sont généralement composés d’un écran solaire et servent à masquer les lésions affligeantes et les rougeurs.

Il est également possible de se servir de fond de teint pour masquer les rougeurs.

Notons cependant que les crèmes parfumées sont à éviter : pour le nettoyage quotidien du visage, il est mieux de leur préférer des nettoyants non parfumés tels qu’une solution micellaire Avène ou physiologique Créaline TS de Bioderma.

Il est essentiel d’utiliser un écran solaire SPF 50 de haute protection pour éviter que les rougeurs ne s’aggravent à cause du soleil ou pour éviter les situations aggravantes liées aux prises d’antibiotiques photosensibilisants.

  1. JH Saurat, JM Lachapelle, D Lipsker, L Thomas. Dermatologie et infections sexuellement transmissibles. 2009
  2. Serge D, Bertrand P. Erythro-couperose et Rosacée. 2012.
  3. Berbis P. Traitement lourd: rétinoїdes par voie générale (acitrétine-isotrétinoїne). Ann Dermatol Venereol 2007; 134: 935-941.
  4. Auffret N. Quoi de neuf en physiopathologie dans l’acné ? Ann Dermatol Venereol ; 2003; 130: 101-106
  5. Rosacea. British Association of Dermatologists patient information leaflet. (2004, mise à jour août 2011)
  6. https://www.passeportsante.net/fr/Maux/Problemes/Fiche.aspx?doc=couperose_pm
  7. https://sante-medecine.journaldesfemmes.fr/faq/5145-couperose-rosacee-causes-symptomes-et-traitement